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Cameron Jamie

Statuettes and Drawings
September 10 - October 8, 2011
Galerie I, Paris










La Galerie Nathalie Obadia est très heureuse de présenter la deuxième exposition personnelle de Cameron Jamie dans sa galerie parisienne.

L'oeuvre de Cameron Jamie s'inscrit d'une manière singulière au sein de la scène artistique contemporaine. Né à Los Angeles et vivant en France depuis 2000, Jamie s'est fait connaitre au travers de ses performances, films, sculptures, photographies, dessins et installations.
Sa pratique protéiforme donne corps à une investigation permanente et radicale du regard que nous portons sur nous-même et sur le monde en général.

À la faveur d’une série inédite de dessins à l’encre de chine et de sculptures en céramique émaillée, émerge une galerie de personnages à l’étrangeté élégiaque, presque poignante, qui paraissent nous interroger sur la nature de la condition de l’homme et sa destinée tragique d’animal social.

Faisant mine de se détourner du visiteur pour se replier dans un univers autonome régi par ses propres lois, les sculptures de Cameron Jamie obligent le spectateur à en faire le tour pour venir leur faire face. De cette confrontation vitale peut naître une réaction de crainte, un mouvement de colère ou un élan d’amour. Tantôts mutiques ; tantôts déformés par un cri intérieur semblant résonner dans l’espace, les personnages peuplant les dessins et les sculptures de Cameron Jamie sont dépositaires de la même énergie cathartique.
Postérieures dans le parcours de l’artiste, les sculptures en céramiques sont le prolongement tridimensionnel des dessins que Cameron Jamie produit de manière prolifiques depuis le début des années 2000. De même que l’artiste laisse les caprices de l’encre tracer sur le papier un paysage accidenté de lignes biomorphiques, il permet aux sculptures de « déterminer leurs propres formes », retrouvant dans l’argile - support des premières créations de l’enfance - un rapport primitif, magique, à la substance organique.
« Beaucoup de ses créatures fragiles ne survivent pas jusqu’à l’exposition », explique Cameron Jamie. « Dans la céramique, Il y a beaucoup d’échec, de casse, une forte dimension expérimentale ». Les œuvres présentées dans l’exposition sont le fruit d’un « big bang », d’une rencontre alchimique entre des forces contraires. Allant plus loin que dans les premières céramiques qu’il a présentées à la Biennale de Berlin en 2010, l’artiste a travaillé le socle de ses sculptures à la main dans un véritable corps-à-corps avec la matière, produisant des objets artistiques non identifiés, à l’apparence mi-osseuse, mi-rocheuse, dans une gamme colorée allant du doré au marron.
En renouant avec la céramique - art du feu ancestral - Cameron Jamie en célèbre le caractère profondément temporel, séquencé par le rythme des cuissons et l’émaillage de l’argile. Au plus proche d’un cycle naturel, cette humilité de moyen et cette relation intime à la matière situent le travail de Cameron Jamie aux antipodes d’un art contemporain industriel et spectaculaire.


Cameron Jamie est né en 1969 à Los Angeles. Son oeuvre, internationalement reconnue depuis ces vingt dernières années, s'exprime au travers de vidéos, installations, sculptures, dessins et performances.

Présenté à la Biennale du Whitney en 2005, l’œuvre de Cameron Jamie a fait l’objet d’une première rétrospective en 2006 au Walker Art Center à Minneapolis sous le commissariat de Philippe Vergne. L'exposition a voyagé au MIT List Visual Arts Center à Cambridge. Après une première incursion au Festival d’automne en 2004 en compagnie du groupe rock The Melvins qui performent la bande-son de ses films, Cameron Jamie est une nouvelle fois convié par le Festival en 2006 à montrer à l'Opéra Comique de Paris son oeuvre JO sur une musique de Keiji Haino, artiste culte de la scène japonaise et internationale. En 2010, l’artiste participe à la 6ème Biennale de Berlin et en 2011, le Moma lui consacre une soirée spéciale "An Evening with Cameron Jamie », au cours de laquelle sont présentés quatre de ses films : BB, Spook House, Kranky Klaus, Massage the History. Faisant suite à sa participation remarquée à l’exposition « Traces du Sacré » au Centre Pompidou en 2008, Cameron Jamie participera en 2012 à l’exposition « Les Maîtres du Désordre » organisée par Jean de Loisy au Musée du Quai Branly.